Japon: la consommation des ménages recule de 2,1% en juillet
La consommation des ménages au Japon a de nouveau reculé en juillet, de 2,1% sur un an, une certaine prudence restant de mise depuis le séisme du 11 mars, a annoncé mardi le ministère des Affaires intérieures.
Elle avait chuté en moyenne de 8,5% en mars, une première dans les annales, à cause du tremblement de terre et du tsunami qui ont dévasté la région du Tohoku (nord-est) et entraîné un accident nucléaire. La consommation a continué de baisser depuis par rapport à l'an passé, bien que moins brutalement.
Plongés dans l'incertitude par cette série de catastrophes, les Japonais hésitent à ouvrir leur porte-monnaie.
En juillet, ils ont rogné sur leurs dépenses pour les vêtements et chaussures (-1,9%) et de soins de santé (-1,5%).
Les Japonais ont surtout continué de bouder les voitures. Non seulement le secteur a été touché de plein fouet par la catastrophe qui a perturbé les circuits d'approvisionnement et la production, mais les consommateurs renoncent souvent à engager une dépense importante en ces temps incertains.
Au final, le poste des transports et communications, qui comprend les achats de véhicules neufs, a chuté de 16,1%.
Signe que la situation s'améliore toutefois par rapport au lendemain de la catastrophe, les Nippons ont dépensé davantage en meubles et équipements électroménagers (+4,9%) et pour leurs loisirs et sorties culturelles (+8,4%).
En termes nominaux, c'est à dire sans tenir compte de l'évolution des prix, les ménages ont dépensé 1,8% de moins, a précisé le ministère dans un communiqué.
Les dépenses de consommation des ménages salariés, qui représentent environ 60% du total, ont baissé de 2,6% en termes réels sur la même période. Toujours en juillet et par rapport au même mois de l'an passé, le revenu moyen des ménages salariés a augmenté de 1,6%, à 572.662 yens (environ 5.100 euros).
L'économie japonaise qui se remettait de la crise financière internationale de 2008-2009 a rechuté dans la récession depuis le premier trimestre, en partie du fait de la catastrophe.
Les économistes craignent qu'en limitant leurs dépenses, les Japonais n'aggravent les conséquences négatives du séisme pour les entreprises et in fine l'emploi et les salaires.
(AFP)