Fukushima, 1 an après: Que deviennent les réfugiés?
Plus de 110 000 personnes ont été évacuées à la suite de l’accident de Fukushima. Pourront-ils rentrer chez eux? Souhaitent-ils revenir chez eux après la décontamination? Témoignages.
Sakuko Matsumoto et son mari, réfugié à Iwaki, à 40 km de la centrale de Fukushima. Ils ne croient pas au retour. (Guillaume Bression pour Sciences et Avenir)
Plus de 110 000 personnes ont été évacuées à la suite de l’accident à la centrale nucléaire de Fukushima, déclenché par le séisme et le tsunami du 11 mars 2011. Elles ont depuis été relogées dans des préfabriqués ou des appartements. Alors que les grandes opérations de décontamination ont commencé dans ce no man’s land de 1000 km2, Sciences et Avenir a demandé à des réfugiés du nucléaire s’ils pensaient rentrer chez eux un jour.
Sakuko MATSUMOTO, originaire d’Okuma: "Nous ne reviendrons pas"
« Je n’ai plus de larmes à force de pleurer, soupire cette grand-mère de 78 ans assise autour d’une table basse japonaise. Je ne peux pas rentrer chez moi, à cause de la radioactivité. Avec mon mari, on se moque des radiations parce qu’on va mourir d’ici deux ou trois ans de toute façon. Mais je suis tellement désolée pour mes petits-enfants parce qu’ils ne rentreront jamais dans notre village ».
Aujourd’hui, Sakuko et son mari habitent dans un petit préfabriqué à Iwaki, à 40 kilomètres au sud de la centrale. Avant le tsunami et l’accident nucléaire, Sakuko vivait à Okuma, une ville très contaminée située à 5 kilomètres de la centrale. En dépit des mesures de décontamination, il est probable que cette ville reste inaccessible pour de nombreuses années.
« Je ne pense pas pouvoir revenir même s’ils décontaminent, estime-t-elle. Même s’ils font beaucoup d’effort, je ne pense pas réussir à décontaminer les rivières, les rizières et les montagnes. Nous ne reviendrons pas ».
(Sciences et Avenir)