Les secousses se poursuivent dans le nord-est du Japon
Un nouveau tremblement de terre, de magnitude 5,8, a secoué, mercredi 13 avril, le nord-est du Japon et fait trembler des bâtiments à Tokyo. Selon l'Agence japonaise de météorologie, son épicentre était situé dans la préfecture de Fukushima, durement touchée par le catastrophique tremblement de terre du 11 mars.
Des centaines de secousses ont été enregistrées au Japon depuis ce séisme de magnitude 9, suivi d'un tsunami qui a dévasté la côte nord-est du Japon, faisant vingt-huit mille morts et disparus et provoquant un accident nucléaire à la centrale de Fukushima-1. Tepco, l'opérateur de la centrale, a indiqué que cette nouvelle réplique n'avait pas entraîné l'évacuation de ses équipes ni interrompu leur travail pour tenter de reprendre la maîtrise de la situation.
Malgré les répliques, les ouvriers de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima ont commencé à pomper de l'eau hautement radioactive infiltrée dans les installations, tâche indispensable pour reprendre les travaux de rétablissement des systèmes de refroidissement. Ce liquide hautement radioactif doit être transvasé dans un condensateur qui, dans des conditions normales d'exploitation, sert à transformer en eau la vapeur créée dans le réacteur. Le pompage devrait durer quatre à cinq jours. Au total, quelque 60 000 tonnes d'eau ont inondé les souterrains, les canalisations et les salles des machines de trois des six réacteurs de la centrale.
UN COÛT ÉCONOMIQUE DE PLUS EN PLUS LOURD
La direction de Tepco n'a pas encore déterminé la facture de l'accident en cours à la centrale de Fukushima. Mais selon une estimation diffusée fin mars par Bank of America-Merrill Lynch, Tepco pourrait faire face à plus de 130 milliards de dollars de demandes d'indemnisation. La responsabilité financière de l'opérateur de la centrale pourrait être plafonnée et les autres acteurs du secteur nucléaire mis à contribution, rapportait mercredi le quotidien Yomiuri, citant un plan actuellement à l'étude, dans lequel la responsabilité de Tepco serait évaluée entre 2 000 et 3 800 milliards de yens (24 - 45 milliards de dollars).
Le plan en appellerait parallèlement à la solidarité des autres entreprises du secteur de l'électricité atomique, qui participeraient à un fonds d'aide mutuelle. Ce fonds serait doté de 2 700 milliards de yens (32 milliards de dollars) et abondé par les entreprises du secteur en proportion de leur nombre de réacteurs nucléaires.
REDÉMARRAGE AU DEUXIÈME SEMESTRE
Le gouvernement japonais a en outre dégradé mercredi son diagnostic économique, constatant que le séisme et le tsunami du 11 mars ont stoppé la reprise en grippant la machine industrielle et en plombant le moral des consommateurs. Sur le volet de l'emploi, les conséquences du séisme sont aussi à redouter, souligne le rapport. Beaucoup d'entreprises, de tous les secteurs, sont touchées plus ou moins directement, souffrant des destructions, de défaut d'approvisionnement, de l'obligation de limiter l'usage de l'électricité ou de l'absence de clients.
Les économistes s'attendent à ce que le Japon endure une nouvelle phase de récession (deux trimestres consécutifs de décroissance), mais escomptent un redémarrage dans la deuxième moitié de l'année, grâce aux efforts de reconstruction, même si les restrictions d'alimentation électrique prévues cet été risquent de freiner le regain d'activité.
(Source : LeMonde.fr)