Yoshihiko Noda veut renforcer les liens du Japon avec la Chine
Le Premier ministre japonais, Yoshihiko Noda, a assuré vendredi qu'il ferait tous les efforts pour renforcer les liens de son pays avec la Chine, éprouvés par une crise diplomatique à propos d'un différend territorial en septembre 2010.
"Avec la Chine, je souhaite construire des relations mutuellement bénéfiques. Je ferai le maximum pour bâtir aussi de bons rapports avec nos autres voisins, notamment la Corée du Sud et la Russie", a déclaré M. Noda, quelques heures après la présentation de son gouvernement de centre-gauche.
L'élection de M. Noda au poste de Premier ministre a été reçue de façon mitigée en Chine, l'interessé ayant, avant son accession à cette fonction, déclaré que les criminels de guerre japonais condamnés par un tribunal des Alliés après la défaite du Japon n'étaient pas des criminels.
Afin d'apaiser les craintes, le chef de gouvernement de centre-gauche a annoncé qu'il ne visiterait pas le sanctuaire shintoïste controversé de Yasukuni à Tokyo, un lieu prisé des nationalistes où sont honorés les morts tombés pour le Japon, dont des criminels de guerre.
Je maintiendrai la position de l'équipe précédente. Le Premier ministre et les ministres n'iront pas visiter le sanctuaire, en tenant compte de l'ensemble des éléments, dont la politique internationale, a-t-il dit.
Les fréquentes visites du Premier ministre conservateur Junichiro Koizumi (2001-2006) dans ce lieu de pèlerinage avaient excédé les autorités chinoises et entraîné un gel temporaire des relations au plus haut niveau entre les deux puissances asiatiques.
En septembre 2010, les relations sino-nippones avaient connu un nouveau coup de froid après la collision d'un bateau de pêche chinois avec des patrouilleurs des garde-côtes japonais près d'îlots disputés de mer de Chine orientale, appelés Senkaku en japonais et Diaoyu en chinois, administrés par Tokyo mais revendiqués aussi par Pékin.
Après plusieurs semaines de crise et un nouveau gel des rencontres au sommet, la situation s'était apaisée lorsque le Japon avait accepté de libérer le commandant du chalutier chinois, sans charges retenues contre lui. La querelle n'est toutefois pas réglée sur le fond.
M. Noda a par ailleurs réaffirmé que l'alliance avec les Etats-Unis restait l'axe de la diplomatie et de la politique de sécurité du Japon.
Le Japon devrait tenter de raffermir l'alliance avec les Etats-Unis, dont les dirigeants semblent agacés par les incessants changements à la tête de l'archipel.
Tokyo et Washington doivent en outre boucler des négociations sans fin à propos du déplacement d'une base militaire américaine de l'île méridionale d'Okinawa, dont les résidents ne veulent plus.
Le Premier ministre a nommé comme ministre des Affaires étrangères Koichiro Gemba, 47 ans, un partisan de l'approfondissement de l'alliance nippo-américaine et d'un rôle indépendant du Japon sur les grandes questions internationales.
(AFP)